- Perles de Murano

Perle de murano redim 2

Depuis la nuit des temps, les perles accompagnent les humains dans leur vie quotidienne, que ce soit pour des raisons de croyances, d’esthétique, de valeur marchande ou d’échange. Les perles les plus anciennes ont été trouvées il y a 38 000 ans en France. Depuis, l’art de la perle a fleuri sur toute la surface de notre planète, sous des formes multiples. Gravés, taillés et percés, les pierres précieuses, les minéraux, et les matériaux naturels se transforment ensuite sous les mains des artisans-bijoutiers en colliers, bracelets, ou boucles d’oreilles, qui déclinent les couleurs et les motifs à l’infini.

 

Les perles de Murano... Un peu d'histoire

Le verre fait son apparition à Venise aux environs de l’an mille, un document du moine bénédictin Fiolario qui produisait des ampoules à usage domestique en est le témoignage. L'industrie prend rapidement une grande importance malgré le danger que représente le fonctionnement des fours dans une ville déjà très dense. 

Au XIIème siècle, Venise, république prospère, possédait de nombreuses manufactures de perles.  Ces dernières doivent leur extraordinaire croissance à la situation géographique qu'offre Venise : un réseau commercial évolué, une flotte marchande puissante la reliant à la mer noire, à la Méditerranée et à l'Europe.

C'est en 1291 que la république de Venise décide de déplacer définitivement les fours et les maîtres verriers dans l'île voisine de Murano. De tous les incendies qui ravagèrent Venise, bon nombre furent attribués aux fourneaux.
Ce transfert, outre qu'il faisait éviter les incendies, permettait aussi de mieux préserver les secrets de fabrication d'une verrerie réputée et d'assurer la sécurité des stocks de matières premières dont l'entrepôt portait d'ailleurs le nom de "chambre des poisons”. Les maitres verriers ne purent divulguer les secrets de fabrication, prisonniers de leur Ile et menacés de mort s'ils tentaient de migrer.

Après ce transfert, la production de perles augmenta considérablement grâce à l'évolution des techniques. Les verriers sont fortement influencés par les objets de verre complexes de l'antiquité égyptienne et romaine.


Au XVème siècle, les maîtres verriers vénitiens diversifient leurs techniques et inventent des verres tantôt colorés, tantôt d'une transparence inégalée, tantôt blancs laiteux ou piquetés d'or. Vers 1615, les motifs se multiplient : perles millefiori, à chevrons, verre mosaïqué, etc.

Au XVIe siècle commence à s'imposer une nouvelle perle « a lume » ou « a lucerna ». Travaillée au chalumeau, elle est ensuite façonnée à la pince et offre une grande variété de décors. Les perles au chalumeau sont très vite les plus prisées et les plus exportées.

Dès le XVIIe siècle, des perles de type vénitien sont fabriquées en Bohême et en Moravie parallèlement aux productions locales. Puis les perles de Bohême à la façon de Venise sont exportées vers la Baltique, la Russie, la Scandinavie, la Hollande, la France, l'Angleterre, l'Espagne et vers les terres de l'Empire Ottoman.

Au XVIIIe siècle, Venise perd sa suprématie dans l'industrie des perles de verre, mais dès le XIXe, la production reprend son essor, notamment avec la reprise des anciennes techniques telles que lemillefiori.

Aujourd'hui le site de Murano est encore très actif dans la production du verre italien et notamment des perles. Les verriers de Murano maintiennent une telle qualité que certains objets sont considérés comme des œuvres d'art.

 

Technique de fabrication

Les perles de verre sont classées d'après leur technique de fabrication : enroulement, étirage, moulage, soufflage.

Dans l'enroulement, l'artisan enroule le verre en fusion autour d'une tige comme du fil sur une bobine. Ces perles sont fabriquées individuellement.

Pour les perles en verre étiré, les verriers utilisent des baguettes étirées à trou central, à partir duquel de nombreuses perles identiques peuvent être réalisées.
Ce sont principalement ces 2 techniques qui sont utilisées à Murano. Depuis des siècles les méthodes de fabrication restent inchangées.

L'une des techniques les plus intéressantes est l'étirage du verre en tubes creux. Un globe creux de verre en fusion est fixé à 2 plaques métalliques munies de tiges. Deux hommes, chacun tenant une tige, courent rapidement en sens inverse pour étirer un tube de verre mesurant au minimum 90 mètres. La bulle d'air initiale s'allongeant produit un orifice dans toute la longueur du tube. Celui-ci est ensuite fragmenté en baguettes, puis les baguettes en perles, et les perles parachevées par traitements thermiques ou par meulage.

Les perles enroulées contrairement aux perles étirées ne nécessitent pas de grands fours. Elles sont produites à la lampe à huile par de petits artisans.
         

Quelques perles

 

La perle à chevrons ou rosetta 

Perle de murano chevron redim

 

 La Millefiori (mille fleurs) 

Perle de murano millefiori redim

 

 La perle de verre soufflé    

Perle de murano soufflee redim


 L'Aventurine Perle murano aventurine redim

 

 


La lampwork  Perle de murano lampwork redim

 

La Sommerso Perle de murano sommerso redim

La soffiatePerle de murano soffiate cpt redim

La fioratePerle murano fiorate redim

 

Pendant cinq siècles, Murano a été le socle d'une production des plus florissantes, rivalisant avec les techniques du cristal de Bohême. Les fabriques de Murano fournissaient à la Cour de France, à la Cour impériale d'Autriche, aux Cours des Duchés italiens comme aux palais de Venise les meilleurs lustres de cristal polychrome et les plus beaux miroirs à encadrements de verre taillé.
Ainsi naquit la renommée de Murano où les familles se transmettent encore, de génération en génération, les recettes et secrets que personne n’arrive à égaler.

Le verre de Murano est un verre riche en plomb, formé d’un mélange de sable siliceux, d’oxydes et de carbonates, d’une grande pureté et d’un éclat proche de celui du cristal. Son charme principal vient de la gamme très étendue de ses couleurs et de la pureté de celles-ci. 
Aujourd’hui encore, les formules chimiques pour la composition des couleurs sont très bien gardées, même si l’on ne fabrique plus que 66 couleurs différentes alors qu’on a su en fabriquer plus de 300 !